
Questions institutionnelles d'un système d'information
sur
la politique de sécurité alimentaire au Sénegal
Peter Ballantyne et Elli de Rijk
Référence bibliographique:
Ballantyne, P.G. et E. de Rijk. 1995. Questions institutionnelles d'un système d'information
sur
la politique de sécurité alimentaire au Sénegal. Maastricht: ECDPM.
(ECDPM Document de travail no 95-5, 1995)
Partant à titre d'exemple d'une évaluation interne sur
un exercice commun ECDPM/Sénégal réalisé au
début des années 90, le présent document retrace
l'évolution d'une activité visant à promouvoir une
approche coordonnée vis-à-vis de la mise à
disposition d'informations orientées vers l'élaboration
des politiques en matière de sécurité alimentaire.
Ce document montrera que, malgré la mobilisation d'individus
enthousiastes et un engagement important de la part des hautes
sphères politiques à certains moments, il n'a pourtant
pas été possible de mettre en place ni un système
coordonné pour la collecte et l'enregistrement
d'informations techniques sur les problèmes de
sécurité alimentaire, ni un système efficace
permettant de fournir aux décideurs politiques des conseils
et des informations sur la sécurité alimentaire.
Retraçant l'évolution du projet, ce document tente de
déceler certaines des raisons qui pourraient expliquer cet
échec apparent. Si l'on se concentre sur les facteurs
institutionnels qui sont intervenus dans la conception,
l'orientation et la mise en oeuvre du projet, trois leçons
majeures se dégagent :
Premièrement, la coordination des systèmes
d'information s'effectue à différents niveaux,
certaines approches convenant à un niveau défini ne
s'appliquant pas toujours aux autres niveaux. C'est en
particulier le cas pour les niveaux politiques "supérieurs",
où les problèmes sont plutôt de nature
politique. Les préoccupations sont peut-être plus
sensibles et les types d'organisation différents. Des
approches qui fonctionnent apparemment bien pour des
problèmes techniques semblent être moins efficaces
à des niveaux supérieurs. Les mécanismes de
collaboration technique, par exemple les groupes de travail,
semblent moins bien appropriés pour traiter les
problèmes institutionnels qui sont de nature plus politique.
Deuxièmement, les groupes de travail à thème
peuvent être un moyen efficace pour stimuler la
collaboration intersectorielle. Notamment au niveau des
problèmes techniques, ils permettent à un large
éventail d'institutions gouvernementales et non
gouvernementales provenant d'une série de secteurs et
représentant la recherche, la politique et la pratique, de
se concentrer sur certaines activités pratiques. Mais pour
être réellement efficaces, ils nécessitent une
coordination et une direction générales, ainsi qu'un
support tant financier que politique.
Troisièmement, les agences nationales et extérieures
doivent être très vigilantes en ce qui concerne leur
rôle au sein d'une activité commune; elles doivent
avoir pleinement conscience de leurs propres buts et objectifs et
surtout être très sélectives dans le choix de
leurs partenaires. Rétrospectivement, cela semble
refléter le cas d'un partenariat plutôt discordant
entre, d'une part, une agence extérieure prête à
soutenir un système coordonné d'informations
orientées vers l'élaboration des politiques sur la
sécurité alimentaire et, d'autre part, un partenaire
local qui, en fin de compte, s'est révélé plus
apte à fournir des systèmes d'information et de
données orientées vers les solutions techniques.
Mise à jour: 7 janvier 1996